- 6 jours et 5 nuits dans les montagnes lapones
- 4 jours de ski de fond
- des skis et des vêtements empruntés à la famille d'Åsa
- 7 suédois, 1 américain-suédois (bilingue ou très proche de l'être), un français
- une météo allant du grand ciel bleu à l'affreuse tempête de neige
- un transfert en scooter des neiges
- une altitude de 400 à 800 mètres environ
- ni électricité ni eau courante
- l'eau à puiser dans les lacs à travers la glace
- le chauffage au feu de bois
- la cuisine et une partie de l'éclairage au gaz, des bougies pour le reste
- de la soupe en poudre, des flocons d'avoine, du fromage en tube et des Wasa comme nourriture (entre autres)
Jour 1
Après 19 heures de train-couchette depuis Stockholm, nous sommes arrivés mardi 3 avril à Abisko Turiststation vers midi. Une fois le lunch avalé et les chaussures de ski louées, celle que j'avais empruntées à la famille d'Åsa ayant rendu l'âme pendant le voyage, nous avons commencé notre périple sur la "Voie Royale". Le programme de la première journée consistait en 14 km dans la forêt de bouleaux lapons rabougris, pour rejoindre le refuge d'Abiskojaure.
La météo était plutôt clémente, ce qui ne m'a pas empêché d'effectuer rapidement mes premières chutes. C'est pas facile pour un débutant de tenir sur des skis de fond en descente avec 16,5 kg sur le dos... Ce fut d'ailleurs pour moi la journée la plus difficile physiquement car j'étais quasi-débutant en ski de fond, le sac à dos était rempli de nourriture, donc à son poids maximum, j'étais en fin de rhume et je ne me suis pas alimenté autant qu'il aurait fallu je crois. Les derniers kilomètres, effectués sur un lac gelé, m'ont paru interminables malgré la beauté des paysages.
Nous étions logés le premier soir à Abiskojaure comme annoncé précédemment, dans un chalet partagé avec quelques autres personnes, sans électricité, sans réseau de portable, sans eau courante, mais avec un bon poêle à bois, du gaz pour la cuisine et l'éclairage, et des lits plutôt confortable.
La piste dans les bouleaux
Longue dernière ligne droite sur le lac
Refuge d'Abiskojaure
Trou dans la glace pour chercher l'eauAu matin du mercredi 4 avril, la météo était peu favorable, à savoir neige et vent. Nous avions retrouvé la veille le père de Märit, une copine d'Åsa, qui travaille à Alesjaure, le but de notre 2ème étape, 21 km plus loin. Celui-ci nous a servi de guide pour la journée et a pris la décision de partir quitte à faire demi-tour si le vent forcissait et nous empêchait d'avancer convenablement.
Bonne nouvelle, je me sentais mieux que la veille et j'ai avalé la grande montée du jour sans problème. Cependant, comme cela était craint le vent s'est intensifié et la progression a été rendue très difficile. J'avançais sans trop réfléchir en suivant celui qui me précédait, moments de solitude dans l'immensité blanche ! J'ai pensé à Jean-Louis Etienne et son odyssée à travers l'Antarctique... températures autrement plus basses, vent beaucoup plus violent, chargement titanesque, et de surcroît absolument coupé du monde... il est fou ce Jean-Louis !!
La neige était en plus très collante ce qui fait qu'au bout de 5 heures nous avions couvert que 9 km sur les 21 au programme. Notre guide a donc décidé de faire demi-tour. Avant cela, lunch obligatoire malgré les conditions climatiques affreuses, pour être capable d'effectuer le chemin inverse. Nous avons donc tous creusé la neige avec une pelle pour pouvoir s'asseoir convenablement et sorti les "sacs à vent" pour nous abriter tant bien que mal. J'ai jamais pris un repas aussi inconfortable, mais j'ai apprécié ma soupe en poudre aux chanterelles... J'aurais volontiers pris des photos du groupe caché dans ses abris balayés par le vent et la neige, mais je n'ai malheureusement pas eu le courage.
Le trajet en sens inverse fut heureusement beaucoup plus rapide car la pente était souvent descendante, mais le bonheur fut réelle lorsqu'Abiskojaure a été de nouveau atteint. La nuit fut donc passée au même endroit que la précédente par la force des choses ("les choses" étant la nature förstås).
Jour 3
Les prévisions météo pour le jeudi 5 avril étaient pire que pour la veille, donc le père de Märit a appelé des taxis-scooters des neiges pour nous transporter vers Alesjaure. Evidemment ce n'était pas gratuit, mais c'était sympa de faire le trajet dans un traîneau, assis sur des peaux de rennes, et couvert d'une combinaison ultra chaude jaune fluo.
Au final il aurait été possible de couvrir la distance à skis car la météo n'a pas été aussi terrible qu'annoncée mais ce fut aussi l'occasion de se reposer après l'éprouvante journée de la veille !
Ceci-dit nous avons quand-même (mais pas tous) rechaussé les skis afin de monter dans la poudreuse sur un versant et prendre un bain de soleil. La redescente s'est faite tranquillement pour moi mais Åsa a montré ses talents en telemark. Le temps était clair et les paysages magnifiques : l'immensité blanche, des sommets tout autour et le silence avant que le vent se lève à nouveau.
A Alesjaure nous logions gratuitement grâce au père de Märit, dans notre propre petit chalet. Le confort était le même qu'à Abiskojaure mais la capacité d'accueil était plus grande car il y avait plus de bâtiments. La différence la plus notable était la présence d'un sauna ! Il était situé dans un chalet en contrebas, et le chauffage se faisait au feu de bois, à l'ancienne ! Nous en avons profité jeudi soir, avec en prime deux jetés dans la neige tous nus et une douche avec des bassines d'eau chaude. Cela fait du bien de se sentir propre !
Jour 4
Vendredi 6 avril il était prévu de rester à Alesjaure et d'éventuellemt aller se promener à skis aux alentours. Cependant la tempête était de nouveau là, avec un vent très fort et des averses de neige succédant aux éclaircies. La journée fut donc consacrée au repos une nouvelle fois, mais aussi au travail de bûcheron. Il y avait beaucoup de bois à couper à la scie puis à la hâche afin de chauffer les habitations et le sauna. Encore une expérience nouvelle pour moi, c'était bien marrant (A petite dose, je n'y vois pas là une reconversion...) !
Le soir le ciel était découvert, donc j'ai observé le ciel et vu des prémices d'aurores boréales à savoir un grand drap très clair dans le ciel, sauf pendant quelques secondes où cela s'est mis à verdir et bouger un peu. J'ai insisté un peu pour en voir plus mais le froid et la fatigue m'ont forcé à aller me coucher. J'ai regretté le lendemain quand j'ai appris qu'après avoir rejoint mon lit, le ciel est devenu très intéressant à regarder... dommage. Je me console en me disant que les aurores étaient moins puissantes que celles que j'ai vues en octobre 2005.
Jour 5
Samedi 7 avril, le trajet du retour vers Abisko devait être entamé, notre train étant dimanche. Nous avons donc repris le chemin d'Abiskojaure. Ce jour-là la météo était très favorable (soleil, ciel bleu, très peu de vent), et la neige froide donc bien glissante. Ce fut pour tous la journée de ski la plus agréable. Les paysages étaient formidables, le physique et le mental très bon, tout était réuni pour que ce soit la meilleure journée, et ça l'a été !
Les 21 km ont été couverts sans problème et en prenant le temps de profiter.
Nous avons eu la chance d'avoir notre propre chalet à Abiskojaure. Malheureusement le ciel s'est couvert le soir, donc impossible de voir plus d'aurores.
Jour 6
Dimanche 8 avril, Joyeuses Pâques !
Je n'ai pourtant pas vraiment pensé aux cloches ou au grand lapin même si la journée fut plutôt facile et sans aucune crainte de louper le train, car la marge était grande et la météo bonne. Les 14 km entre Abiskojaure et Abisko Turiststation furent presque une formalité et j'ai pu me rendre compte que je m'étais amélioré dans les descentes, le chasse-neige et le contrôle de la vitesse étaient presque maîtrisés !
Avant de prendre le train, nous avons tous savouré un café et une bonne douche. Ensuite le retour s'est effectué sans encombre. Åsa et moi avons laissé à sa mère près d'Östersund, à 5h20 du matin, les skis et quelques vêtements, et à midi lundi 9 avril, bonjour Stockholm !
C'est sûr je n'oublierai pas cette expérience formidable, et je suis prêt à recommencer ! A l'année prochaine avec mes propres skis et vêtements de l'extrême !



















3 commentaires:
Wah... ça a l'air d'avoir été une sacrément belle semaine, ça fait envie tiens.
Si vous avez une petite place de libre pour l'an prochain, je suis preneur...
moi non à part si c'est tiré par des chiens de traineau et qu'on loge dans des hôtels 3 étoiles!
Superbe! J'ai fait ca l'été mais là tu me donnes envie de le faire un hiver...
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